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A380


Confirmer le leadership

2005 a été une année record pour Airbus, tant en termes de livraisons que de prises de commandes, de carnet de commandes et de rentabilité.


Jamais, en 35 ans d’histoire, Airbus n’avait enregistré autant de commandes qu’au cours de l’année 2005. Airbus maintient ainsi sa première place, tant en termes de nombre de commandes que de livraisons. Les cadences de production augmentent progressivement, dans la lignée du niveau record du carnet de commandes. Ces succès reflètent aussi bien la demande sans précédent de nouveaux appareils que les innovations qui permettent à Airbus d’apporter aux compagnies aériennes l’efficacité et la souplesse opérationnelles dont elles ont besoin.

L’année 2005 a été particulièrement marquante pour les deux grands programmes de nouveaux appareils. Le très gros porteur à double pont, l’A380, a pris son premier envol le 27 avril 2005. Capable d’emporter le plus grand nombre de passagers, avec 555 sièges, cet avion est également un concentré de technologies – aérodynamisme de pointe, systèmes hydrauliques à haute pression et usage intensif des matériaux plastiques renforcés en fibre de carbone. De son côté, l’A350 d’une capacité de 250 à 300 sièges, lancé en octobre dernier, est un avion à fuselage large et à grand rayon d’action. Il offre aux compagnies aériennes les technologies développées pour l’A380.

Le programme d’économies, « Route 06 », mis en place en 2003 dans l’optique de réduire de 1,5 milliard d’euros la base de coûts en 2006, est en bonne voie. Alors que ce programme est toujours en cours d’application, l’accent est mis désormais sur l’amélioration continue de l’efficacité, aussi bien chez Airbus que chez ses fournisseurs.

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(M €) 2005 2004 Variation
       
Chiffre d’affaires 22 179 20 224 +10 %
Résultat opérationnel (EBIT) 2 307 1 919 +20 %
Prises de commandes 78 254 25 816 +203 %
Carnet de commandes 201 963 136 022 +48 %
       
En nombre d’appareils 2005 2004 Variation
       
Livraisons 378 320 +18 %
Carnet de commandes 2 177 1 500 +45 %

Airbus a enregistré les meilleures ventes de toute son histoire en 2005. Avec un chiffre d’affaires de 22,2 milliards d’euros pour l’exercice clos au 31 décembre 2005, la Société enregistre une progression de 10 % par rapport à 2004 (20,2 milliards d’euros). La livraison de 378 appareils de plus de 100 sièges, contre 320 en 2004, a été le principal vecteur de cette progression. Le résultat opérationnel (EBIT) affiche, pour sa part, une augmentation de 20 %, à 2,31 milliards d’euros contre 1,92 milliard en 2004. La marge opérationnelle a dépassé son objectif de 10 % (contre 9,5 % en 2004).

Airbus a réalisé 56,6 % des livraisons d’avions en 2005, portant ainsi à 4 130 le nombre total d’appareils livrés aux compagnies aériennes depuis sa création. Les cadences de production sont en augmentation constante, tant sur la chaîne d’assemblage de l’A330 / A340 que sur celle des monocouloirs, pour atteindre une production respective de 7,5 et 30 appareils par mois au printemps 2006. La production de la chaîne des A320 est la plus importante jamais atteinte à ce jour par un constructeur d’avions. Un tel résultat a été rendu possible grâce à la flexibilité des techniques de production et à la réduction importante des délais de production.

Carnet de commandes

2005 a été une année sans précédent pour les nouvelles commandes, Airbus comptabilisant 1 111 commandes fermes pour une valeur de 95,9 milliards de dollars au prix catalogue. Ce chiffre largement supérieur au précédent record (556 commandes en 1998) offre à Airbus une part de marché de 52 % en nombre d’unités et de 45 % en valeur. L’avionneur dispose ainsi du plus important carnet de commandes qu’il ait jamais eu, avec un total de 2 177 avions représentant 220,3 milliards de dollars au prix catalogue. Sur la base de ce carnet de commandes, la part de marché d’Airbus atteint 55 %.

La majorité des commandes de 2005 proviennent d’Asie et du Moyen-Orient, puis d’Amérique latine et de quelques nouvelles compagnies à bas coûts européennes. La Chine est à l’origine des plus grosses commandes passées en 2005, avec notamment 150 avions monocouloirs commandés en décembre par le China Aviation Supplies Import and Export Group (CASGC), des acomptes ayant déjà été perçus par Airbus au titre de cette commande. Les loueurs ont également continué à jouer un rôle important, en passant commande de 195 avions.

Centre de peinture d’Airbus A380 (photo)
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Centre de peinture d’Airbus A380

Avec 20 nouvelles commandes, l’A380 a enregistré trois nouveaux clients, dont le premier chinois, China Southern, et le premier indien, Kingfisher, mais aussi un second transporteur de fret américain, UPS. L’objectif initial d’un nouveau client par an jusqu’à l’entrée en service du très gros porteur d’Airbus est ainsi dépassé. Ces commandes sont le reflet manifeste des atouts qu’offrent les capacités sans précédent de ce nouvel avion à double pont. Le total des commandes fermes pour l’A380 s’établit désormais à 159 de la part de 16 clients. La certification de l’appareil est planifiée pour permettre au premier client, Singapore Airlines, de prendre livraison du premier appareil fin 2006.

L’A350, tout nouveau venu de la famille Airbus, est un avion de 250 à 300 sièges, doté d’un grand rayon d’action. Entre sa date de lancement en octobre 2005 et la fin de l’année, cet appareil a déjà reçu 172 commandes émanant de 13 clients dont 87 commandes fermes par neuf clients et sociétés de location d’avions. Les engagements pris sur ce nouveau modèle dépassent largement ceux reçus par son concurrent direct dans la catégorie des appareils de moyenne capacité, à grand rayon d’action, sur la même période suivant son lancement commercial. Ces engagements sont de bon augure quant à l’attrait commercial exercé par cet appareil, notamment grâce à sa technologie de pointe et sa communauté opérationnelle avec le reste de la famille Airbus.

La famille des A330, A340 et A350 à grand rayon d’action a reçu 166 commandes de 18 clients, soit le niveau de commandes brutes annuelles le plus élevé jamais atteint. Le marché des nouveaux appareils sur ce segment des avions de 250 à 300 places à grand rayon d’action devrait dépasser les 3 000 unités au cours des 20 prochaines années.

Chez Airbus, la plupart des commandes concernent la famille de l’A320 monocouloir, dont le succès ne se dément pas. Avec 918 commandes, là encore un record de prises de commandes, Airbus s’est arrogée une part de marché de 62 %, qui lui permet de maintenir sa position de leader sur ce segment. Forte d’un carnet de commandes qui compte 1 652 avions, la famille des A320 est l’option de prédilection des compagnies aériennes à bas coûts, qui sont à l’origine de plus d’un tiers des commandes de l’année. Elle remporte également tous les suffrages sur le marché de l’aviation chinoise.

La gamme Airbus Corporate Jetliner, variante de la famille A320, a aussi connu une année fructueuse sur le marché des jets commer-ciaux, avec 15 commandes fermes, ce qui porte le nombre total des commandes à plus de 60.

Acquérir une envergure mondiale

Dans l’optique d’adapter son offre afin de sécuriser la croissance pour ses actionnaires et ses collaborateurs, Airbus cherche à nouer des partenariats avec des entreprises industrielles en Chine, en Russie, aux Etats-Unis et dans d’autres pays.

Les liens établis avec l’industrie aéronautique chinoise se sont renforcés au cours de l’année écoulée, avec la signature de plusieurs contrats visant à une coopération accrue. La signature de deux contrats avec China Aviation Industry Corporation I et II (AVIC I et II), deux sociétés d’aviation détenues par l’Etat chinois, a été suivie, en décembre, par la conclusion d’un accord important pour étudier la faisabilité d’un partenariat industriel pour la mise en place d’une chaîne d’assemblage final d’A320 en Chine. A ce jour, cinq sociétés chinoises d’AVIC I et II sont impliquées dans la fabrication de pièces destinées à la famille des monocouloirs. Airbus s’est également engagée à augmenter la valeur de ses achats qui devraient atteindre 60 millions de dollars par an d’ici 2007, avant de doubler à nouveau à 120 millions de dollars par an d’ici 2010.

La collaboration avec les entreprises russes a également amorcé un nouveau virage. En août, Airbus et Irkut, société russe de production scientifique, ont signé un accord préliminaire qui définit, dans ses grandes lignes, la participation de la Russie au développement de l’A350 et à de futurs programmes d’avions. D’ici 2007, Airbus entend offrir aux sociétés russes des contrats d’un montant cumulé de 110 millions de dollars par an. Airbus avait déjà ouvert un bureau à Moscou en 1995. Son programme pour la Russie comporte de nombreux projets de recherche et technologies, des travaux de conception et une coopération accrue dans le domaine de la certification.

Airbus a élargi sa présence en Amérique du Nord, avec l’implantation d’un nouveau centre d’ingénierie à Mobile, en Alabama. Ce nouveau site sera dédié à des avions commerciaux et aux dérivés militaires de ces avions, notamment les A330, A340 et A350 ainsi que sur le KC-30, ravitailleur militaire de pointe. Ce centre qui devrait être pleinement opérationnel en 2006, emploiera 150 personnes environ.

En Australie, Airbus a étendu son partenariat de recherche en définissant les modalités d’un accord cadre de recherche et de technologie avec le Centre de recherche sur les structures composites de pointe (Co-operative Research Centre for Advanced Composite Structures), basé à Melbourne.

Service à la clientèle

Dans le cadre de ses efforts continus pour améliorer son service à la clientèle, Airbus a déménagé son service client dans de nouveaux bureaux et regroupé le millier de collaborateurs qui y travaillent en un seul et même lieu, sur son site de Toulouse. Ces bureaux sont dotés d’un centre d’appel disponible 24 heures sur 24.

Airbus a pris plusieurs mesures pour aider ses clients à réaliser des économies. Plus important encore, la Société a gelé le prix de ses pièces détachées pour la troisième année consécutive. Elle a également décidé de mettre toutes ses données techniques en ligne ou sur CD-ROM, ce qui permettra aux compagnies aériennes de gagner du temps et de réduire leurs coûts. En outre, Airbus a conçu un logiciel de gestion de la consommation de carburant, destiné aux compagnies aériennes. AirS@avings, outil en ligne, donne la valeur indicielle du coût du carburant pour des vols simples ou allers-retours. Ce logiciel permet de réduire et d’optimiser la consommation de kérosène.

Les services disponibles en ligne ont été améliorés grâce à la mise en place d’un nouveau portail inter-entreprises, baptisé Airbus World, qui permet aux compagnies aériennes et aux opérateurs de partager des informations. Il est complété par un nouveau catalogue électronique de pièces détachées.

Airbus a également mis en place le premier réseau de maintenance, réparation et révision, avec 13 points d’accès, afin de faire bénéficier les compagnies aériennes de services de maintenance de meilleure qualité, où qu’elles se trouvent. Ce réseau a été enrichi de l’Airbus « Modular Spares Service », un forfait complet de services de support, destiné à aider les compagnies aériennes à améliorer la gestion de leurs stocks de pièces détachées. Une nouvelle fois, toutes ces initiatives visent un seul et même objectif : faire gagner du temps et de l’argent aux compagnies.

Perspectives

En l’état actuel, le carnet de commandes d’Airbus va générer une progression des livraisons de plus de 10 % en 2006, qui devrait se poursuivre à un rythme soutenu au cours des prochaines années. Par ailleurs, à la suite de la mise en œuvre du programme de réduction des coûts « Route 06 » et de la poursuite de l’amélioration continue de sa rentabilité, Airbus est prête à faire face à la dégradation anticipée du taux de couverture euro/dollar à compter de 2007.

 

Après un niveau particulièrement élevé de ses commandes en 2005, Airbus reste optimiste quant à sa capacité à conserver un carnet de commandes record en 2006, au vu de la fermeté de la demande en Asie. Airbus jouira ainsi d’une bonne visibilité sur ses livraisons futures tout au long de l’année. Par la suite, les compagnies aériennes américaines, qui n’ont pas pris part au bond des commandes en 2005, devraient à leur tour investir dans de nouveaux appareils, plus économes en carburant.


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