Un projet innovant pour une gestion globale du cycle de vie des avions
Plus de 6 000 avions devraient arriver en fin de vie au cours des 20 prochaines années. Comment gérer cette fin de vie tout en limitant l’impact sur l’environnement ?
Cette question, Airbus a décidé d’y répondre en lançant un projet innovant pour mettre au point et expérimenter les procédures les plus avancées de démantèlement et de recyclage des principaux matériaux et autres composants à valeur résiduelle, dans un souci permanent de respect de l’environnement et de la sécurité.
Ce projet dénommé
PAMELA (acronyme de l’anglais Process for Advanced Management of End of Life Aircraft) est installé à l’aéroport de Tarbes. Son objectif est d’établir un standard en matière de gestion environnementale de la fin de vie des avions, en visant un niveau de recyclage et de valorisation de 85 à 95 % d’un appareil.
Tous les aspects pratiques du démantèlement, du recyclage et de la valorisation sont actuellement testés sur un vieil A300 depuis février 2006. La mise en place et la définition de l’ensemble du processus est prévue vers fin 2007.
PAMELA permettra de définir de nouvelles normes en matière de gestion environnementale des appareils, ouvrant la voie à une multiplication des implantations. « Nous voulons créer un pôle d’excellence à partir duquel les bonnes pratiques seront disséminées » explique Bruno Costes, Directeur des Affaires environnementales, chargé de la Coordination industrielle chez Airbus.
PAMELA entre dans le cadre du programme
LIFE de la Commission européenne. Piloté par Airbus, ce projet réunit SITA France, EADS Sogerma Services, EADS
Innovation Works et la préfecture des Hautes-Pyrénées. Ce partenariat allie notamment l’expertise avion d’Airbus au savoir-faire de SITA dans le tri et le traitement des déchets.
« Depuis leurs bureaux d’études, nos ingénieurs tiennent déjà compte de l’environnement le plus en amont possible du processus de conception, grâce au système de management de l’environnement en place » déclare M. Costes. L’expertise acquise grâce à
PAMELA servira, dès les premières phases de conception, à développer la prochaine génération d’avions dont la gestion de fin de vie sera ainsi simplifiée. « En menant ce travail en collaboration avec des experts du recyclage, nous pouvons incorporer des technologies encore plus respectueuses de l’environnement dès la conception de nos avions, ce qui améliore d’autant la performance environnementale globale tout au long de leur cycle de vie », conclut M. Costes.
Le désassemblage et le recyclage de l’A300 sont déjà bien engagés. Au départ, une phase de mise en sécurité consiste à purger l’appareil de tous ses fluides dangereux. C’est une étape primordiale pour garantir la sécurité d’un point de vue environnement et conditions de travail. Le désassemblage et le démantèlement des différentes parties (moteurs, pylônes, train d’atterrissage, boîtiers d’avionique, commandes de vol, batteries et pompes hydrauliques) peuvent ensuite être mis en œuvre.

Toutes ces pièces sont ensuite transférées dans un bâtiment dédié à la séparation des matériaux qui les composent. Les alliages d’aluminium, l’acier, le cuivre, le titane et les autres métaux sont triés dans des conteneurs distincts, en vue de leur retraitement dans des filières dédiées et appropriées. Les plastiques subissent un traitement similaire. Des travaux sont actuellement menés pour mettre au point des procédés innovants de traitement et de recyclage des matériaux composites, même si ce type d’appareils en comporte par ailleurs très peu.

