Explication détaillée des états financiers consolidés aux normes IFRS
Coûts des ventes consolidés
En 2006, les coûts des ventes consolidés ont augmenté de 26,1 %, passant de 27,5 milliards d’euros en 2005 à 34,7 milliards d’euros en 2006. Outre la plus forte activité de vente de 2006, l’augmentation a été due principalement à des dépassements de coûts relatifs au programme A380 et à des coûts de transition relatifs au programme A350, comme il a été dit ci-dessus. Les charges de dépréciation d’actifs et les provisions pour restructuration enregistrées chez EADS Sogerma ont également généré un effet négatif. Essentiellement du fait des éléments indiqués ci-dessus et de l’effet négatif du cours du dollar sur les produits d’Airbus, la marge brute a baissé de 19,5 % en 2005 à 11,9 % en 2006.
En 2005, les coûts des ventes consolidés sont passés à 27,5 milliards d’euros, contre 25,5 milliards d’euros en 2004. La marge brute, soit 19,5 %, est restée relativement inchangée comparée à celle de 2004.
Frais de vente et d’administration consolidés
En 2006, les frais de vente et d’administration consolidés ont légèrement augmenté, passant de 2,2 milliards d’euros en 2005 à 2,3 milliards d’euros en 2006, ce qui reflète principalement des dépenses plus élevées dans la division Défence & Sécurité (effet de périmètre, charges de restructuration et frais de campagne de commercialisation Eurofighter plus importants), dans la division Eurocopter (frais de commercialisation plus élevés) et chez Airbus (frais de la campagne d’avions ravitailleur chez EADS Amérique du Nord et expansion des filiales d’Airbus au Japon et au Moyen-Orient).
En 2005, les frais de vente et d’administration consolidés ont légèrement augmenté, passant de 2,1 milliards d’euros en 2004 à 2,2 milliards d’euros en 2005, ce qui reflète principalement une augmentation globale des activités de vente pour la plupart des activités d’EADS.
Frais de recherche et développement consolidés
En 2006, les frais de recherche et développement consolidés («
R&D ») ont augmenté de 18,5 %, passant de 2,1 milliards d’euros en 2005 à 2,5 milliards d’euros en 2006. La majeure partie de cette augmentation est imputable à l’accroissement des dépenses chez Airbus, en raison du développement de l’ancien A350, et plus tard dans l’année du nouvel A350XWB. Les frais de R&D liés à l’A380 ont continué à baisser par rapport au sommet de 1 082 millions d’euros qu’ils avaient atteint en 2003 ; ils sont de 771 millions d’euros en 2006 (contre 813 millions d’euros en 2005), à l’exclusion des frais de développement permanents. Les Divisions Avions de transport militaire et Défence & Sécurité ont enregistré des frais de R&D légèrement inférieurs en 2006, tandis qu’Eurocopter et Astrium ont dépensé un peu plus qu’en 2005. Ces changements reflètent également la poursuite de l’application de la norme IAS 38 chez EADS, laquelle a entraîné la capitalisation de 411 millions d’euros supplémentaires de frais de
R&D en 2006, dont 335 millions d’euros se rapportent à Airbus pour l’A380. Voir «Considérations, règles et estimations comptables critiques — Frais de recherche et développement ».
En 2005, les frais de R&D consolidés d’EADS sont demeurés stables comparés à 2004, à 2,1 milliards d’euros. Les frais de R&D d’Airbus ont baissé de 75 millions d’euros par rapport à leur niveau de 2004. Les autres frais de R&D consolidés en dehors d’Airbus totalisaient 416 millions d’euros — soit une augmentation de 24 millions d’euros par rapport à 2004 –principalement du fait du développement (i) du programme EC 175 d’Eurocopter en Chine et (ii) de l’activité ISR des Systèmes Aériens Militaires. Ces changements reflètent en partie l’application de la norme IAS 38 chez EADS, qui a eu pour résultat la capitalisation de 293 millions d’euros additionnels de frais de R&D en 2005, dont 259 millions d’euros se rapportent à Airbus pour l’A380.
Autres produits et charges consolidés
Les autres produits et charges consolidés correspondent aux gains et aux pertes sur les cessions d’immobilisations, à des produits de locations de biens et à certaines provisions.
En 2006, le solde net du poste « autres produits et charges » était positif, soit 109 millions d’euros, contre un solde positif de 69 millions d’euros en 2005. L’augmentation est principalement imputable à des plus-values de 127 millions d’euros enregistrées dans la Division Défence & Sécurité, et majoritairement liées à la vente de LFK GmbH et de TDW GmbH à MBDA en 2006.
En 2005, le solde net du poste « autres produits et charges » était positif, soit 69 millions d’euros contre un solde positif de 137 millions d’euros en 2004, ce qui reflète principalement la non-récurrence de la reprise, à hauteur de €106 millions, d’une provision de la Division Défence & Sécurité relative au procès Thales Euromissiles enregistré en autres produits consolidés en 2004.
Part consolidée des résultats des sociétés mises en équivalence et des autres produits (charges) liés aux participations
La part consolidée des résultats des sociétés mises en équivalence et des autres produits (charges) liés aux participations comprend principalement les résultats des sociétés mises en équivalence et les résultats imputables aux participations non consolidées.
En 2006, EADS a enregistré 189 millions d’euros de part consolidée des résultats des sociétés mises en équivalence et des autres produits (charges) liés aux participations, contre 225 millions d’euros en 2005. La baisse de 36 millions d’euros concerne principalement les résultats de la participation d’EADS dans Dassault Aviation, incluant la non-récurrence d’une mise à jour positive du résultat à hauteur de 64 millions d’euros enregistrée en 2005 par rapport aux résultats de Dassault Aviation pour 2004. Voir « Notes annexes aux États financiers consolidés (IFRS) — Note 9 : Part des résultats des sociétés mises en équivalence et autres produits (charges) liés aux participations ».
En 2005, EADS a enregistré 225 millions d’euros en part consolidée des résultats des sociétés mises en équivalence et d’autres produits (charges) liés aux participations, contre 84 millions d’euros en 2004. L’augmentation de 141 millions d’euros reflète principalement les résultats de la participation d’EADS dans Dassault Aviation, incluant une mise à jour positive à hauteur de 64 millions d’euros en 2005 du résultat de 2004 se rapportant à la participation d’EADS dans Dassault Aviation, contre une mise à jour négative à hauteur de (33) millions d’euros en 2004.
Intérêts financiers consolidés
Le poste Intérêts financiers consolidés reflète le solde net des produits et des charges financiers provenant des actifs et du passif financier, y compris les charges d’intérêts sur les avances remboursables versées par les gouvernements européens pour le financement des activités de recherche et développement.
En 2006, EADS a enregistré des charges financières nettes consolidées de 121 millions d’euros, contre 155 millions d’euros de charges nettes d’intérêts consolidées en 2005. L’amélioration est due principalement à des taux d’intérêt plus favorables. Voir « Liquidités et fonds propres — Dettes financières consolidées ».
En 2005, EADS a constaté des charges financières nettes consolidées de 155 millions d’euros, contre 275 millions d’euros de charges financières nettes consolidées en 2004. L’amélioration des intérêts nets consolidés reflète principalement l’amélioration de la situation nette de trésorerie d’EADS, ainsi que l’augmentation des charges d’intérêts provenant du financement des ventes.
Autre résultat financier consolidé
En 2006, le poste « autre résultat financier consolidé » s’est dégradé, passant à un solde négatif de (123) millions d’euros contre un solde négatif de (22) millions d’euros en 2005. Cette modification négative de 101 millions d’euros résulte principalement de l’effet négatif à hauteur de 136 millions d’euros en 2006 des fluctuations de valeur des soldes de trésorerie libellés en dollars U.S. aux bilans libellés en euros des sociétés du Groupe, qui avaient généré un solde positif de 147 millions d’euros en autres résultats financiers en 2005. Voir « Considérations, règles et estimations comptables critiques — Conversion des états financiers établis en monnaies étrangères ». Ce facteur négatif a été partiellement compensé par un effet positif à hauteur de 46 millions d’euros de l’évaluation au prix du marché des « instruments financiers dérivés incorporés ». Les « instruments financiers dérivés incorporés » sont des instruments financiers qui, à des fins comptables, sont réputés incorporés à des commandes de matériel libellées en dollars U.S., alors que le U.S. dollar n’est pas de façon concluante la devise dans laquelle le prix du matériel correspondant est normalement libellé dans le commerce international et n’est pas la monnaie fonctionnelle des parties à la transaction.
En 2005, le poste « autre résultat financier » est passé à un montant négatif de (22) millions d’euros, contre un montant négatif de (55) millions d’euros en 2004. Cette modification positive à hauteur de 33 millions d’euros résulte principalement de l’effet positif à hauteur de 147 millions d’euros en 2005 des fluctuations de valeur des soldes de trésorerie libellés en dollars U.S. des bilans libellés en euros ou en livres britanniques des sociétés du Groupe, qui avaient généré un « autre résultat financier » négatif en 2004. Ce facteur positif a été partiellement compensé par un effet négatif à hauteur de (108) millions d’euros de l’évaluation au prix du marché des « instruments financiers dérivés incorporés ».
Impôts sur les bénéfices consolidés
En 2006, les impôts sur les bénéfices consolidés ont généré un produit d’impôt de 81 millions d’euros, comparé à une charge de (825) millions d’euros en 2005. Ce changement est dû principalement à une importante réduction des charges fiscales en 2006, qui reflète la baisse du résultat avant impôt sur les sociétés du groupe, ainsi qu’un gain non imposable sur la vente de LFK GmbH et de TDW GmbH à MBDA en 2006. Cette réduction de la charge d’impôt a été partiellement compensée par une augmentation des provisions pour dépréciation des actifs d’impôts différés chez Airbus. Voir « Notes annexes aux États financiers consolidés (IFRS) — Note 11 : Impôt sur les bénéfices ».
Participations minoritaires consolidées
En 2006, les participations minoritaires consolidées totalisaient 16 millions d’euros, contre 34 millions d’euros en 2005, ce qui reflète principalement les participations de Finmeccanica (25 millions d’euros) et de DaimlerChrysler Luft – und Raumfahrt Holding AG (« DCLRH ») (15 millions d’euros) dans les résultats de MBDA et d’EADS Allemagne GmbH, respectivement. La baisse du total des participations minoritaires en 2006 se rapporte à un impact de consolidation provenant de la vente de LFK GmbH et de TDW GmbH à MBDA, qui a totalisé (27) millions d’euros en 2006.
En 2005, les participations minoritaires consolidées représentaient 34 millions d’euros, contre 18 millions d’euros en 2004, ce qui reflète principalement les participations de Finmeccanica (24 millions d’euros) et de DCLRH (11 millions d’euros) dans les résultats de MBDA et d’EADS Allemagne GmbH, respectivement. La part de 20 % de BAE Systems dans le bénéfice net d’Airbus a été retraitée conformément à l’application de la norme IAS 32 « Instruments financiers : information et présentation », d’où un ajustement de 185 millions d’euros apporté aux participations minoritaires en 2004. À compter du 1er janvier 2005, les participations minoritaires consolidées ne comprennent plus la participation de 20 % de BAE Systems dans Airbus. Voir « Considérations, règles et estimations comptables critiques — Le périmètre de consolidation et ses variations » et « Notes annexes aux États financiers consolidés (IFRS) — Note 2 : Principales règles et méthodes comptables — Dettes sur options de vente accordées aux intérêts minoritaires ».
Bénéfice net consolidé (bénéfice de l’exercice imputable aux actionnaires de la société mère)
Compte tenu des explications ci-dessus, EADS a enregistré un bénéfice net consolidé de 99 millions d’euros en 2006 contre 1 676 millions d’euros en 2005 et 1 203 millions d’euros en 2004. Il importe également de noter que si EADS n’avait pas modifié ses règles comptables en fonction de la norme IAS 19 révisée, son bénéfice net consolidé aurait été inférieur de 25 millions d’euros en 2006. Voir “Considérations, règles et estimations comptables critiques — Avantages du personnel – IAS 19”.
En 2005, le bénéfice net de 2004 a été retraité de façon à refléter l’application rétroactive de la norme IAS 32 « Instruments financiers : information et présentation » relative à l’option de vente de BAE Systems pour sa participation de 20 % dans Airbus. En outre, le bénéfice net de 2004 a été retraité de façon à refléter l’application rétroactive de la norme IFRS 2 « Paiement fondé sur des actions », ce qui a imposé la constatation d’une charge par rapport aux plans de stock-options des salariés.
Le tableau ci-dessous illustre les ajustements apportés en 2005 au bénéfice net de 2004 du fait de l’application des principes comptables décrits au paragraphe précédent.
| Téléchargement |
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(en millions d’€) |
Exercice clos le 31 décembre 2005 |
Exercice clos le 31 décembre 2004 |
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Reported Consolidated Net Income (Loss) |
1.676 |
1.030 |
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IFRS 2 Restatement |
- |
(12) |
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IAS 32 Restatement |
- |
185 |
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Restated Consolidated Net Income(1) |
1.676 |
1.203 |
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(1) |
Le bénéfice net consolidé de 2005 reflète un impact positif de 289 millions d’euros provenant de l’application de la norme IAS 32 révisée « Instruments financiers : information et présentation » et un impact négatif de (33) millions d’euros provenant de l’application de la norme IFRS 2. |
Bénéfice par action (BPA)
Le bénéfice de base par action a baissé de 1,99 euro par action, passant de 2,11 euro par action en 2005 à 0,12 euro par action en 2006. Si EADS n’avait pas modifié ses règles comptables en fonction de la norme IAS 19 révisée, son bénéfice de base par action en 2006 aurait été inférieur de 0,03 euro. Voir « Considérations, règles et estimations comptables critiques — Avantages du personnel – IAS 19 ». Le nombre d’actions en circulation au 31 décembre 2006 était de 802 130 993. Le dénominateur utilisé pour calculer le BPA était de 800 185 164 actions, ce qui reflète le nombre moyen pondéré d’actions en circulation pendant l’exercice. En 2004, le bénéfice de base par action enregistré par EADS était de 1,50 euro (après le retraitement du bénéfice net décrit ci-dessus).
Le bénéfice par action dilué a baissé de 1,97 euro par action, passant de 2,09 euro par action en 2005 à 0,12 euro par action en 2006. Si EADS n’avait pas modifié ses règles comptables en fonction de la norme IAS 19 révisée, son bénéfice par action en 2006 aurait été inférieur de 0,03 euro. Le dénominateur utilisé pour calculer le BPA était de 804 315 663, ce qui reflète la moyenne pondérée du nombre d’actions en circulation au cours de l’exercice, ajustée pour supposer la conversion de toutes les actions ordinaires potentielles. En 2004, EADS a enregistré un bénéfice par action dilué de 1,50 euro (après le retraitement du bénéfice net décrit ci-dessus). Voir « Notes annexes aux États financiers consolidés (IFRS) — Note 20 : Total capitaux propres » et « Note 35 : Résultat par action ».
