En 2006, Airbus a lancé un programme de recherche pour tester la viabilité des carburants de substitution. L’avionneur souhaite ainsi évaluer les avantages et les défis potentiels liés à l’utilisation de ces carburants. À terme, l’objectif est une aviation dont le bilan carbone serait neutre.

La recherche se concentre sur les moyens de réduire les émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre. Des études tentent notamment d’évaluer les bénéfices opérationnels que les compagnies aériennes peuvent tirer de l’optimisation de la charge utile dans l’avion, de la réduction du carburant consommé et de l’augmentation de la durée de vie des moteurs.

Le 1er février 2008, Airbus a réalisé le premier vol d’essai de l‘histoire avec un kérosène de substitution. (photo)
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Le 1er février 2008, Airbus a réalisé le premier vol d’essai de l‘histoire avec un kérosène de substitution.

Première étape pour Airbus, l’évaluation des carburants alternatifs déjà disponibles sur le marché afin d’étudier leur potentiel à moyen terme. Airbus prévoit cependant que d’autres solutions verront le jour d’ici le début de la prochaine décennie, notamment à base de biocarburants de deuxième génération et de mélanges associant plusieurs biocarburants. Ces biocarburants, qui feront appel à la biomasse produite à partir des déchets, ne présentent pas l’inconvénient de concurrencer la production de denrées alimentaires ou d’empiéter sur les forêts équatoriales, réservoirs naturels de dioxyde de carbone.

Pour l’heure, un carburant à base de GTL – une technologie qui convertit le gaz naturel en kérosène liquide – constitue l’hypothèse la plus concrète. Ses propriétés sont en effet similaires à celle du kérosène classique, ce qui en fait une véritable option de remplacement du kérosène actuel. Son usage peut être envisagé dans les moteurs équipant les appareils actuels. Le GTL présente des caractéristiques intéressantes pour la qualité de l’air ainsi que des avantages en termes de consommation de carburant et de facilité de distribution.

L’A380 MSN004 a volé entre Filton et Toulouse, avec l’un de ses réacteurs alimenté par un carburant à base de GTL. (photo)
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L’A380 MSN004 a volé entre Filton et Toulouse, avec l’un de ses réacteurs alimenté par un carburant à base de GTL.

Étapes pratiques

Lors du salon aéronautique de Dubaï en 2007, Airbus a convenu d’étudier la faisabilité de l’utilisation du procédé GTL. Qatar Airways, Qatar Petroleum, Qatar Fuels, le Qatar Science and Technology Park, Rolls-Royce et Shell International Petroleum Company se sont engagés aux côtés d’Airbus. Dès début 2008, un A380 d’Airbus a décollé de Filton au Royaume-Uni pour rallier Toulouse en France, avec l’un de ses quatre réacteurs alimenté au GTL. Ce vol d’essai est le premier d’une longue série qui permettra de tester l’impact environnemental des carburants de substitution.

Au final, des biocarburants de deuxième génération pourraient être employés. Ils ne sont, pour l’heure, pas disponibles dans des volumes commercialement satisfaisants, notamment en raison de la nécessité de disposer d’énormes quantités de biomasse qui ne concurrence pas les cultures alimentaires.


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